19
juin
2025
Baromètre de la santé financière de l'AFL : un bloc communal résilient

Baromètre de la santé financière de l'AFL : un bloc communal résilient

Dans son édition de 2025 du baromètre de la santé financière, l’Agence France Locale (AFL), partenaire de l’APVF, laisse apparaître un portrait contrasté de la santé financière des collectivités territoriales.  Dans un contexte marqué par une inflation persistante, un ralentissement économique et un climat politique instable, ce Baromètre confirme l’émergence de deux blocs aux dynamiques …

Dans son édition de 2025 du baromètre de la santé financière, l'Agence France Locale (AFL), partenaire de l'APVF, laisse apparaître un portrait contrasté de la santé financière des collectivités territoriales. 

Dans un contexte marqué par une inflation persistante, un ralentissement économique et un climat politique instable, ce Baromètre confirme l’émergence de deux blocs aux dynamiques divergentes : un bloc communal, globalement résilient, et un bloc départements/régions, en difficulté croissante.

Avec une note moyenne de 2,82 en 2024 – contre 2,77 en 2023 – la situation financière du monde local reste globalement soutenable. Si cette évolution peut sembler modérée, elle masque des disparités croissantes entre territoires et segments de collectivités : l’écart-type atteint 1,54, un niveau inédit depuis six ans.

Deux éléments caractérisent l’exercice budgétaire 2024 et expliquent principalement l’évolution des notes des différents segments de collectivités locales : la forte progression des dépenses et un montant d’emprunt inédit (27 Mds€ soit +27% par rapport à 2023).

S'agissant plus particulièrement des petites villes, pour Christophe Bouillon, maire de Barentin et Président de l'APVF, "le dernier millésime du baromètre de la santé financière des collectivités apporte un éclairage contrasté sur la situation des petites villes (2 500 à 25 000 habitants). L’amélioration continue de la note financière de l’ensemble des petites villes depuis le début du mandat, en 2020, marque un coup d’arrêt. Il faut néanmoins noter une bonne résistance de cette note. Par ailleurs, le sérieux dans la gestion financière ne s’est pas fait au détriment des investissements portés par les petites villes".

 

Télécharger le Baromètre AFL de la santé financière des collectivités locales 2025

Découvrir l'analyse détaillée des résultats sur le site de l'AFL

 

19
juin
2025
Consigne plastique : Emmanuel Macron relance le débat, la ministre ferme la porte

Consigne plastique : Emmanuel Macron relance le débat, la ministre ferme la porte

Transition écologique

Alors que la consigne sur les bouteilles plastiques semblait enterrée depuis 2023, Emmanuel Macron l’a remise sur la table lors du Sommet des Nations unies sur l’océan. Une déclaration inattendue qui ravive les tensions avec les collectivités, toujours fermement opposées à ce dispositif qu’elles jugent injuste et inefficace. Lors du sommet des Nations unies sur …

Alors que la consigne sur les bouteilles plastiques semblait enterrée depuis 2023, Emmanuel Macron l’a remise sur la table lors du Sommet des Nations unies sur l’océan. Une déclaration inattendue qui ravive les tensions avec les collectivités, toujours fermement opposées à ce dispositif qu’elles jugent injuste et inefficace.

Lors du sommet des Nations unies sur l’océan, organisé à Nice début juin, Emmanuel Macron a relancé le débat sur la consigne des bouteilles en plastique, la qualifiant de « dispositif absolument clé » dans la lutte contre la pollution. Cette prise de position tranche avec celle du gouvernement, qui avait mis fin à ce projet en 2023 face à l’opposition des élus locaux.

Le Président appelle ainsi à « continuer le combat » sur ce sujet, soutenu dans la foulée par l’éco-organisme Citeo, qui plaide pour une généralisation du dispositif. Cette déclaration a surpris les associations d’élus, dont l’APVF, qui considéraient la mesure abandonnée. Dès septembre 2023, l’ancien ministre de la Transition écologique Christophe Béchu avait écarté la consigne, jugeant la mesure inadaptée.

Le 11 juin, la ministre actuelle de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a confirmé ce revirement : la consigne est, selon elle, « contre-productive » car elle priverait les collectivités du volume et de la valeur des déchets recyclables, indispensables à l’équilibre économique de leur service public. Cette position rejoint celle défendue de longue date par les associations d’élus, qui considèrent que le dispositif profiterait surtout aux industriels, sans réduire la production de plastique à la source.

Le gouvernement a cependant profité de cette séquence pour dévoiler son « Plan plastique 2025-2030 ». Ce plan, censé poser un cadre stratégique, est accueilli avec circonspection. Il reprend peu des 14 propositions formulées en 2023 par les associations d’élus, notamment sur le développement du tri dans l’espace public, la réduction à la source ou encore l’amélioration de la tarification incitative.

Le plan prévoit également un accompagnement technique et financier des collectivités « les plus en difficulté », via des « contrats de performance » et des diagnostics territorialisés. Mais ces dispositifs, déjà en discussion depuis plusieurs mois, peinent à convaincre.

Face à un enjeu aussi structurant que la réduction des déchets plastiques, l’APVF réaffirme la nécessité de politiques ambitieuses, fondées sur la sobriété, le soutien aux collectivités et des mesures réellement efficaces à l’échelle locale.

Télécharger le dossier de presse du « Plan plastique 2025-2030 »

19
juin
2025
L’État renforce son soutien à la rénovation urbaine : un doublement du financement à l’Anru en 2026

L’État renforce son soutien à la rénovation urbaine : un doublement du financement à l’Anru en 2026

Logement et urbanisme

L’annonce est passée presque inaperçue mais elle n’en est pas moins significative : l’État portera à 116 millions d’euros sa contribution à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) en 2026, contre 50 millions cette année. Ce renforcement budgétaire marque un engagement clair du gouvernement en faveur du renouvellement des quartiers, alors que les tensions …

L’annonce est passée presque inaperçue mais elle n’en est pas moins significative : l’État portera à 116 millions d’euros sa contribution à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) en 2026, contre 50 millions cette année. Ce renforcement budgétaire marque un engagement clair du gouvernement en faveur du renouvellement des quartiers, alors que les tensions sociales, urbaines et foncières se font de plus en plus visibles dans de nombreux territoires.

Un message bienvenu pour les collectivités locales

Ce soutien financier supplémentaire intervient dans un contexte de montée en puissance du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), lancé pour transformer en profondeur plus de 400 quartiers à travers le pays. Piloté par l’Anru, ce programme mobilise 12 milliards d’euros d’investissements pour améliorer l’habitat, les espaces publics, les équipements et l’attractivité de territoires souvent fragilisés.

Si les grandes agglomérations concentrent une part importante des crédits, de nombreuses petites villes sont également concernées, en particulier celles qui accueillent des quartiers anciens en difficulté ou des ensembles HLM mal intégrés dans leur tissu urbain.

Une bouffée d’oxygène pour les projets en attente

Plusieurs collectivités avaient alerté ces derniers mois sur les risques de blocage de projets, faute de financement de la part de l’État, alors que les cofinancements locaux et ceux d’Action Logement ou de la Caisse des Dépôts sont déjà fortement sollicités. L’augmentation de la participation de l’État devrait permettre de désengorger les dossiers à l’instruction et de donner un nouveau souffle aux programmes en souffrance.

Pour les petites villes : un levier de transformation à ne pas négliger

Dans un contexte où les besoins en logements sont massifs et où les attentes des habitants en matière de cadre de vie sont de plus en plus fortes, la rénovation urbaine reste un outil essentiel pour les maires des petites villes. Elle permet de lutter contre l’habitat dégradé, de mieux articuler les politiques de mobilité, d’éducation, de santé et de sécurité, et de renforcer la mixité sociale.

L’annonce du doublement de la contribution de l’État en 2026 envoie donc un signal positif à toutes les collectivités engagées dans la transformation de leurs quartiers. Reste désormais à garantir une mise en œuvre fluide et rapide, en lien étroit avec les élus locaux, les habitants et les opérateurs du logement.

19
juin
2025
Urbanisme et logement : le Sénat adopte la proposition de loi Huwart

Urbanisme et logement : le Sénat adopte la proposition de loi Huwart

Logement et urbanisme

Le Sénat a adopté ce 17 juin la proposition de loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, déposée par Harold Huwart, député (LIOT) d’Eure-et-Loir. Ce texte, déjà voté par l’Assemblée nationale le 15 mai, poursuit un objectif clair : accélérer et faciliter les projets de construction dans un contexte de crise du …

Le Sénat a adopté ce 17 juin la proposition de loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, déposée par Harold Huwart, député (LIOT) d’Eure-et-Loir. Ce texte, déjà voté par l’Assemblée nationale le 15 mai, poursuit un objectif clair : accélérer et faciliter les projets de construction dans un contexte de crise du logement.

Concrètement, la PPL introduit plusieurs ajustements techniques importants :

  • Création d’un permis d’aménager multisites pour fluidifier les opérations d’aménagement sur plusieurs parcelles distinctes ;

  • Réduction des délais de recours contre les autorisations d’urbanisme ;

  • Élargissement des possibilités de modification simplifiée des PLU ;

  • Dérogations au PLU dans les zones tendues pour mieux répondre aux besoins locaux ;

  • Suppression de la caducité automatique des SCoT après six ans, introduite par la loi SRU ;

  • Allègement des obligations de solarisation et végétalisation pour les bâtiments tertiaires, avec un relèvement des seuils.

Le texte prévoit également un renforcement de l’ingénierie pour les collectivités, en particulier les plus petites, afin de sécuriser et accélérer leurs projets.

S’il ne constitue pas une réforme structurelle de la politique du logement, ce texte est salué comme un outil utile pour débloquer des projets locaux, souvent confrontées à une complexité croissante des normes d’urbanisme.

La proposition de loi doit désormais faire l’objet d’une commission mixte paritaire. L’APVF restera attentive aux discussions à venir, en particulier sur les moyens concrets d’accompagnement des collectivités.

17
juin
2025
Discours de clôture par François Bayrou : un « discours de vérité » sur un fond d’inquiétudes

Discours de clôture par François Bayrou : un « discours de vérité » sur un fond d’inquiétudes

A l'approche des élections, Droits et devoirs des élus, Finances et fiscalité locales

Au terme des XXVIIes Assises des petites villes de France, organisées à Saint-Rémy-de-Provence les 12 et 13 juin, le Premier ministre François Bayrou a pris la parole pour clore les travaux. S’il a salué l’engagement des maires et leur rôle central dans la vie publique, c’est la dette de l’État qui a occupé l’essentiel de …

Au terme des XXVIIes Assises des petites villes de France, organisées à Saint-Rémy-de-Provence les 12 et 13 juin, le Premier ministre François Bayrou a pris la parole pour clore les travaux. S’il a salué l’engagement des maires et leur rôle central dans la vie publique, c’est la dette de l’État qui a occupé l’essentiel de son intervention.

D’entrée, François Bayrou a revendiqué son ancrage local, rappelant qu’il continue à exercer la fonction de maire de Pau, convaincu que les responsabilités locales et nationales doivent rester liées. Il a rendu hommage à la proximité, l’humanité et la constance des maires, piliers à ses yeux de la démocratie de terrain.

Le Premier ministre a confirmé que la réforme du statut de l’élu doit aller à son terme, en particulier avec la validation des acquis de l’expérience (VAE), afin que l’engagement municipal ne constitue plus un frein professionnel. Il s'est également saisi de l’idée d’un « article 40 », défendu juste avant à la tribune par Christophe Bouillon, Président de l'APVF, en clair, il s'agirait du principe suivant : pas de nouvelles normes sans moyens adaptés.

Mais c’est bien le sujet budgétaire qui a dominé. Le Premier ministre a alerté sur une charge de la dette pouvant atteindre 100 milliards d’euros par an dès 2029, soit davantage que les budgets cumulés de l’Éducation nationale et des Armées. Face à cette menace, il a lancé : « Tout le monde devra participer à l’effort, sinon nous échouerons. »

Le discours, mêlant impératifs budgétaires et rappel de la solennité attachée à la fonction de maire, a précédé une annonce attendue, intervenue quelques minutes plus tard lors de la conférence de presse : la confirmation de la pérennisation du programme Petites villes de demain.

Les élus des petites villes avaient en tête de nombreuses interrogations à adresser au Premier ministre concernant les dotations, les charges croissantes ou encore l’éventualité d’une « année blanche ». Une attente renforcée par les chiffres dévoilés plus tôt dans la matinée, au sein d’une étude conjointe de l’APVF et de la Banque Postale : en euros constants, les dépenses des petites villes ont reculé de 0,3 % entre 2019 et 2024, malgré une progression continue des charges.

Les élus locaux ne nient pas l’urgence, mais refusent d’être tenus pour responsables d’un déséquilibre dont ils ne sont pas à l’origine, leur part dans la dette nationale ne dépasse pas 8 %. Comme l’a rappelé Christophe Bouillon, Président de l’APVF : « Ce n’est pas en saignant les communes qu’on guérira la France. »

Alors que les arbitrages gouvernementaux sont attendus mi-juillet, les maires attendent des signes clairs : sur les dotations, les compensations, et la reconnaissance effective de leur rôle dans la stabilité et l’investissement public.

17
juin
2025
Résister, s’adapter : les territoires face au choc climatique

Résister, s’adapter : les territoires face au choc climatique

Transition écologique

Dans les travées de l’Alpilium, personne ne parle de demain comme d’une éventualité abstraite. Pour cette première table ronde des Assises de l’APVF consacrée à la résilience climatique, les mots sont posés, pesés, et portés par l’expérience du terrain. Aux côtés de Jean Jouzel, grand témoin de la séance, les élus décrivent un présent déjà …

Dans les travées de l'Alpilium, personne ne parle de demain comme d’une éventualité abstraite. Pour cette première table ronde des Assises de l'APVF consacrée à la résilience climatique, les mots sont posés, pesés, et portés par l’expérience du terrain. Aux côtés de Jean Jouzel, grand témoin de la séance, les élus décrivent un présent déjà cabossé par les extrêmes.

Éric Menassi, maire de Trèbes, revient avec émotion sur l’épisode méditerranéen de 2018. Un basculement. Depuis, il n’est plus question de construire sans conscience : « 80 % des zones disponibles sont inondables. Le développement du territoire ne peut plus reposer sur la croissance. » Il plaide pour un changement de paradigme, avec l’aménagement au cœur de toutes les politiques.

Même lucidité du côté de Geneviève Blanc, maire d’Anduze. Là-bas, les crues sont une réalité familière – trop familière. « On vit avec le risque », dit-elle, évoquant la structuration du territoire en bassin versant, la sanctuarisation de terres agricoles. Une manière d’apprendre à “faire avec”.

Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine, lui, a vu le risque émerger brutalement. « En 30 ans, aucune crue. Et puis, soudain, elles deviennent régulières. » Pour lui, la réponse passe par l’échelon pertinent : celui de la coopération entre communes. Mais aussi par une exemplarité politique : « On doit être irréprochables. »

Avec un autre versant, Antoine Bristielle, directeur de l'opinion à la Fondation Jean Jaurès, vient rappeler une donnée frappante : un tiers des Français vit déjà dans une zone exposée – inondation, coupure d’eau ou pollution. « La population est très concernée, dans les villes comme dans les campagnes. Mais il faut que les réponses soient pensées localement, avec du sens. »

Enfin, Eva Kaplanis, directrice du développement de la SMACL, dresse un constat sans détour : les sinistres climatiques explosent. « 23 inondations recensées en 2024. En 2019, c’était 9. » Le secteur de l’assurance s’en inquiète, certains se retirent. Mais elle rappelle que la SMACL, créée par des élus pour les collectivités, reste là pour co-construire des solutions.

Autour de Jean Jouzel, « véritable conscience de l’humanité » pour Romain Colas, la conviction est partagée : l’adaptation ne doit pas être subie, mais pensée. Et surtout, assumée collectivement.

En vidéo, avec Paroles d'élus, retrouvez nos maires engagés sur ce sujet majeur.

17
juin
2025
Solitudes, fragilités, bienveillance : les petites villes au front du lien social

Solitudes, fragilités, bienveillance : les petites villes au front du lien social

Attractivité et aménagement du territoire

Lors de la table ronde consacrée au défi démographique et à la bienveillance, lors des Assises de l’APVF à Saint-Rémy-de-Provence, les élus et acteurs associatifs ont esquissé une géographie de la solitude, des fragilités, mais aussi de l’engagement. Philippe Da Costa, Président de la Croix-Rouge française et grand témoin de la séquence, a donné le …

Lors de la table ronde consacrée au défi démographique et à la bienveillance, lors des Assises de l'APVF à Saint-Rémy-de-Provence, les élus et acteurs associatifs ont esquissé une géographie de la solitude, des fragilités, mais aussi de l’engagement.

Philippe Da Costa, Président de la Croix-Rouge française et grand témoin de la séquence, a donné le ton : « Nous ne sommes plus dans une période de transition, mais dans une période de rupture. » La multiplication des crises – parfois invisibles, comme celles de la santé mentale ou de la biodiversité – oblige les maires à jouer un rôle vital, en première ligne. Face à l’ampleur des défis, il propose deux leviers : d’un côté, rendre les citoyens acteurs – « l’élan du premier kilomètre » – ; de l’autre, s’appuyer sur une nouvelle dynamique de l’engagement, marquée par un recul chez les seniors post-Covid mais une montée en puissance des jeunes. L’intergénérationnel devient alors un outil structurant. Le prochain mandat, prévient-il, devra faire de l’isolement social un enjeu central.

Yann Lasnier, délégué général des petits frères des Pauvres, enfonce le clou : 530 000 personnes de plus de 60 ans sont aujourd’hui en situation de mort sociale. Un chiffre qui continue de grimper. Il appelle les maires à jouer leur rôle pour prévenir les drames invisibles, ceux des morts solitaires. Pourtant, paradoxalement, les plus de 60 ans représentent aujourd’hui 60 % des élus municipaux. Il faut, dit-il, « refonder un récit sur les seniors, comme ressources et non comme charges ».

Nathalie Nieson, maire de Bourg-de-Péage et vice-présidente trésorière de l’APVF, observe que ce travail ne peut se faire que dans la proximité. Et dans la continuité. Elle évoque les dispositifs d’écoute, la lutte contre la fracture numérique, le besoin de services adaptés aux rythmes des personnes âgées. Elle insiste aussi sur la qualité du lien, plus que sur la quantité de dispositifs.

Dans ce tableau, Sébastien Eugène, maire de Château-Thierry, apporte un autre éclairage. Chez lui, l’attractivité est réelle – « des gens viennent s’installer par choix, mais aussi par nécessité, parce qu’ils ne peuvent plus se loger en région parisienne » – mais cela bouscule les équilibres. Il explique le besoin de penser la ville comme amie de nos aînés, pour maintenir les personnes âgées à domicile. C’est un enjeu clé, et c’est une responsabilité du Maire, rappelera-t-il.

Une table ronde tout en gravité, mais sans fatalisme. Tous l’ont dit à leur manière : les petites villes n’ont pas les moyens d’attendre. Elles agissent. Et elles rappellent que dans un pays en crise, la bienveillance n’est pas une option : c’est une politique publique.

17
juin
2025
Loger et habiter : les petites villes cherchent l’équilibre

Loger et habiter : les petites villes cherchent l’équilibre

Logement et urbanisme

Construire plus, oui. Mais surtout construire mieux. Le titre de la troisième table ronde sonne comme une injonction, une équation impossible. Et pourtant, les élus présents s’accordent : les petites villes doivent redevenir des territoires de projet, où l’acte de bâtir retrouve sa légitimité — mais jamais contre les habitants, ni contre la planète. À …

Construire plus, oui. Mais surtout construire mieux. Le titre de la troisième table ronde sonne comme une injonction, une équation impossible. Et pourtant, les élus présents s’accordent : les petites villes doivent redevenir des territoires de projet, où l’acte de bâtir retrouve sa légitimité — mais jamais contre les habitants, ni contre la planète.

À Cassis, ville balnéaire, Danièle Milon, sa maire, voit chaque jour cette tension prendre corps : celle entre attractivité touristique et pénurie de logements pour les habitants. « Il faut réguler les meublés de courte durée sans renier l’attractivité qui fait vivre nos territoires. » L’enjeu est d’autant plus aigu que la flambée des loyers fait reculer l’accès au logement pour les actifs et les jeunes ménages.

À Villepreux, dans les Yvelines, Jean-Baptiste Hamonic affronte une autre facette du même dilemme : 75 % de son territoire est inconstructible. Il faut alors assumer une parole politique claire pour défendre des opérations de densification choisies, concertées. « La densification est notre meilleur allié pour préserver nos sols et répondre à la crise du logement. » Il rappelle une statistique glaçante : un quart des jeunes couples renoncent à avoir un enfant faute de pouvoir se loger dignement. Le logement n’est pas qu’une politique d’urbanisme, c’est une politique de vie.

Du côté des professionnels, Philippe Bertucci, président de la chambre PACA-Corse de l’UNAM, insiste : les aménageurs sont eux aussi en mutation. Leurs métiers évoluent, tout comme les attentes des territoires. Les petites villes, avec leur taille humaine et leur lien au sol, peuvent devenir les laboratoires d’un urbanisme de la transition, à condition d’en faire un vrai projet partagé.

C’est ce que confirme Nicolas Godet, directeur général de Point P, qui évoque les 1 000 points de vente de l’entreprise, maillés au cœur des villes. « Nous voyons au quotidien que le logement est à la croisée de tous les enjeux : écologiques, sociaux, économiques. Mais rien ne se fera sans les artisans. » L’ancrage local reste la clé : c’est sur ce socle que pourra se reconstruire la confiance autour du logement.

17
juin
2025
Réenchanter la rue : vers un nouveau commerce dans les petites villes

Réenchanter la rue : vers un nouveau commerce dans les petites villes

Commerce

C’est une image familière, qui inaugure cette quatrième et dernière table ronde de la journée des Assises de l’APVF: celle d’une rue commerçante animée, humaine, où l’on flâne autant qu’on achète. Mais ce tableau s’est fissuré. La vacance commerciale, les mutations des modes de consommation, les freins à l’installation des indépendants redessinent les cœurs de …

C’est une image familière, qui inaugure cette quatrième et dernière table ronde de la journée des Assises de l'APVF: celle d’une rue commerçante animée, humaine, où l’on flâne autant qu’on achète. Mais ce tableau s’est fissuré. La vacance commerciale, les mutations des modes de consommation, les freins à l’installation des indépendants redessinent les cœurs de ville. Alors, comment réinventer le commerce dans les petites villes sans renoncer à leur âme ? À cette question, les intervenants n’ont pas répondu par des incantations, mais par une série de leviers très concrets.

Pour Nicolas Paget, maire de Courthézon, avant même de parler vitrines, il faut poser les fondations du commerce de demain : le triptyque “cadre de vie, mobilité, sécurité”. Ce n’est que lorsque ces trois éléments convergent que l’on peut espérer attirer de nouveaux commerçants. Encore faut-il lever deux freins majeurs : le coût d’entrée dans le métier et les obstacles réglementaires, souvent trop lourds pour les indépendants.

À Saint-Jean-d’AngélyFrançoise Mesnard, la Maire, a choisi d’agir sans attendre, en mobilisant tous les leviers de revitalisation disponibles du programme Petites Villes de Demain à la reconquête des pas-de-porte vacants. L’enjeu : redonner confiance aux habitants et aux porteurs de projets.

Du côté des acteurs économiques, Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, a rappelé un chiffre frappant : le chiffre d’affaires du commerce dépasse celui de l’industrie, et pourtant, 33 % de ce chiffre est concentré dans seulement 1 % des points de vente. Une concentration qui traduit bien le déséquilibre territorial. Pour lui, les mutations du secteur n’expliquent pas tout : les communes ont un rôle clé à jouer, par leur politique foncière, leur fiscalité, et surtout leur volonté. La vacance commerciale reste stable autour de 10 %, ce qui montre qu’on peut agir, à condition d’adapter les loyers et d’imaginer de nouvelles expériences client.

C’est justement ce que défend Gisèle Rossat-Mignod, Directrice des affaires publiques de la Banque des Territoires. Si la BdT accompagne les élus sur la question du commerce, c’est qu’elle y voit un outil de cohésion sociale et territoriale. Les commerces ne s’installent pas seulement là où il y a du flux : ils prospèrent en complément d’autres services, dans un écosystème complet. Il faut, selon elle, accepter la rétractation des parcours marchands traditionnels, mais en recomposant des centralités moins consuméristes, plus ludiques et plus mixtes.

Enfin, Dominique Consille, directrice des programmes Petites Villes de Demain (PVD) et Action Cœur de Ville (ACV) au sein de l'ANCT, a élargi le propos : il ne suffit pas de baisser les loyers, il faut aussi interroger l’emplacement même des commerces, leur intégration dans le tissu urbain, leur accessibilité à pied, en vélo, en transports en commun.

La ville de demain se dessine à l’échelle du dernier mètre, celui qui fait la différence entre une vitrine qu’on regarde… et une porte qu’on pousse.

 

17
juin
2025
Écouter et décider : la fonction de maire est-elle encore désirable ?

Écouter et décider : la fonction de maire est-elle encore désirable ?

Droits et devoirs des élus

Clap de fin pour les travaux des 27e Assises de l’APVF, avec une table ronde au titre évocateur : « Écouter et décider : maires de petites villes de demain, une fonction désirable ? » Une question d’actualité tant le rôle de maire, tout particulièrement dans les petites villes, semble aujourd’hui tiraillé entre épuisement démocratique, …

Clap de fin pour les travaux des 27e Assises de l’APVF, avec une table ronde au titre évocateur : « Écouter et décider : maires de petites villes de demain, une fonction désirable ? » Une question d’actualité tant le rôle de maire, tout particulièrement dans les petites villes, semble aujourd’hui tiraillé entre épuisement démocratique, responsabilités croissantes et attentes sociétales démultipliées. Mais ce qui a dominé les échanges, c’est l’attachement viscéral à cette fonction, et l’envie de la réinventer pour mieux l’assumer.

Pour Daniel Cornalba, maire de L’Étang-la-Ville et membre du bureau de l’APVF, le sentiment d’utilité et la lassitude ne s’excluent pas. Ils cohabitent. Car si les petites villes sont, par leur agilité, des sources de solutions, elles sont aussi les premières à subir les injonctions contradictoires, qu’elles soient réglementaires ou budgétaires. Une tension permanente entre proximité concrète et cadre normatif rigide.

Emmanuelle Gazel, maire de Millau, a quant à elle défendu une vision profondément démocratique du mandat local. Pour elle, écouter ceux qui ne s’expriment pas est devenu un impératif. Cela passe par des outils innovants comme le tirage au sort, ou encore la votation citoyenne, utilisée dans sa commune pour soumettre la programmation pluriannuelle d’investissement (PPI) au débat public. Résultat : une effervescence civique, mais aussi une clarification démocratique pour savoir si un projet porté est réellement partagé.

Laurence Porte, maire de Montbard et vice-présidente de l’APVF, a apporté un éclairage subtil sur la démocratie participative, qu’elle voit non pas comme une remise en cause du mandat, mais comme un complément qui en redéfinit les contours. Car écouter ne veut pas dire se dissoudre dans la volonté générale. L’élu reste le mandataire d’un mandat clair, avec la responsabilité de trancher, parfois contre les vents dominants.

Un témoignage fort et très personnel est venu de Camille Pouponneau, ancienne maire de la petite ville de Pibrac et auteure de Maire, le grand gâchis. Avec une grande émotion, elle a souhaité mettre en lumière les raisons de sa démission, espérant que son livre ait pu faire écho à d’autres parcours similaires. Bien qu’issue du milieu politique, elle n’avait pas anticipé le profond sentiment d’impuissance qui allait marquer son mandat. Pour elle, ce malaise s’explique par trois facteurs structurants : le poids de l’intercommunalité – en l’occurrence celui de la métropole de Toulouse –, la pression normative, et la baisse continue des moyens alloués aux services publics. « Être maire, c’est comme être chef d’entreprise, mais sans les leviers pour agir », a-t-elle résumé.

Enfin, Françoise Gatel, ministre déléguée à la ruralité, a accepté de conclure les échanges en saluant l’intitulé même de la table ronde, soulignant que l’écoute et la décision ne sont pas incompatibles, mais les deux piliers du mandat local. Elle a rappelé combien la crise sanitaire a faussé le début de mandat de nombreux élus, et listé les raisons de la complexité croissante de leur tâche : l’empilement des normes, souvent uniformisantes au détriment de la liberté d’action locale, et le changement du rapport citoyen-institution, avec une population de plus en plus exigeante, parfois consumériste. C’est pourquoi le gouvernement souhaite renforcer l’État déconcentré, pour mettre fin aux voix discordantes de l’administration, et construire une relation plus lisible et plus efficace entre l’État et les élus.