Protection des captages d’eau potable : une feuille de route nationale à l’épreuve des territoires

28 mars 2025

Le 28 mars 2025, le Gouvernement a présenté une feuille de route stratégique dédiée à la protection des captages d’eau potable. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan Eau, lancé en mars 2023, et répond aux impératifs de la directive européenne relative à la qualité de l’eau potable, à transposer avant la fin de l’été 2026. À travers cette démarche, l’État entend donner une nouvelle impulsion à la sécurisation des ressources, aujourd’hui fragilisées par les pollutions diffuses et les effets du changement climatique.

La France compte environ 33 000 captages d’eau potable. Toutefois, plus de 14 000 ont été abandonnés depuis les années 1980, en raison de contaminations liées aux nitrates, aux pesticides ou encore aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Ces fermetures, qui se poursuivent à un rythme de près de 100 par an, témoignent de la vulnérabilité croissante de la ressource. La baisse des niveaux d’eau souterraine, accentuée par les épisodes de sécheresse, aggrave les concentrations de polluants.

Dans ce contexte, la mise en œuvre d’une protection préventive des captages devient une priorité nationale. Il ne s’agit plus uniquement de traiter l’eau, mais d’agir en amont pour limiter les sources de contamination et garantir une qualité durable de la ressource.

Le Gouvernement propose une méthode en trois étapes :

  1. Identifier les captages sensibles, selon des critères scientifiques précis (dépassements des normes, population desservie, volumes prélevés) ;

  2. Élaborer un arrêté, qui paraîtra d’ici la fin de l’année, définissant les points de prélèvement sensibles ;

  3. Déployer des plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) à l’horizon 2026, élaborés par les collectivités responsables de l’eau potable.

Ces actions seront accompagnées d’un guide opérationnel à destination des préfets et des acteurs locaux, prévu à l’automne 2025, et d’un dispositif d’accompagnement technique et financier renforcé.

Pour initier cette dynamique, une enveloppe de 6,5 millions d’euros sera mobilisée en 2025 dans le cadre de la stratégie Ecophyto 2030. Cette somme visera à soutenir les premières démarches sur les captages les plus vulnérables. Toutefois, les besoins dépassent largement ce montant : la délimitation d’une aire d’alimentation représente à elle seule un coût moyen de 50 000 euros.

Face à cette réalité, le Gouvernement prévoit un appui complémentaire via les agences de l’eau, les Aqua-prêts de la Banque des Territoires, ainsi que des dispositifs incitatifs pour la réduction de l’usage des intrants agricoles dans les zones de captage.

Pour les Petites Villes, souvent en charge de la gestion de l’eau potable ou fortement impliquées dans les syndicats d’eau, cette feuille de route constitue un levier, mais aussi un défi. L’identification des captages sensibles, la concertation avec les acteurs du territoire, et la mise en œuvre d’actions concrètes supposent des ressources humaines et financières adaptées.

Les collectivités territoriales bénéficieront de nouveaux outils numériques d’analyse et de visualisation des données, permettant un pilotage plus fin de la ressource et une meilleure priorisation des actions. L’État appelle également à une mobilisation du tissu local — agriculteurs, entreprises, associations — autour de ces projets structurants.

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